A - Caractéristiques physiques du département

2 - Le relief

 
 
Le Massif Armoricain couvre la majeure partie du territoire. Il est constitué de roches primaires. Les plus étendues sont les schistes, qui offrent une résistance assez faible à l’érosion et forment des croupes molles de bassins et de collines basses, notamment dans le Coutançais et le Saint-Lois. Les granites occupent des surfaces réduites dans le Cotentin et deux bandes est-ouest dans le sud du département. Les grès, très résistants, constituent avec les massifs granitiques les plus hauts reliefs.

Le Sud-Est de la Presqu’île du Cotentin repose sur les terrains sédimentaires du Bassin Parisien, où dominent les calcaires.

Dans la partie nord et sud-est du Massif Ancien, le relief donne une impression de grande confusion avec une topographie assez tourmentée. De « hautes » collines culminent à 180 mètres dans la Hague et au sud de Cherbourg-Octeville. Un chevelu hydrographique dense y a creusé de profondes vallées. Passé Barneville-Carteret, se développent au sud de bas plateaux d'une quarantaine de mètres d'altitude, hérissés de collines isolées qui les surplombent d'une centaine de mètres. Ces basses terres se prolongent à l'est sur les calcaires du Bassin Parisien. Elles s'imbriquent avec le marais, qui se développe sur 20 000 hectares à une altitude inférieure au niveau des plus hautes mers. En hiver le marais « blanchit » sous l'effet des crues des rivières, des remontées de nappes et des hautes mers qui freinent les écoulements. Le « Seuil du Cotentin » présente alors de vastes plans d'eau tentaculaires qui pénètrent dans les terres et isolent pour partie le Cotentin du reste du Continent.

Au sud de ces territoires déprimés, des plateaux de faible altitude s’étagent entre 100 et 200 mètres, drainés par un réseau hydrographique dense. Ils s’appuient au sud sur les premières hauteurs vigoureuses du « Synclinal Bocain ». Le relief s’élève encore en allant vers le sud et culmine à 365 mètres à l'église de Saint-Martin-de-Chaulieu.

Les principaux fleuves côtiers et rivières descendent de ces collines: la Vire, la Drôme, la Sienne, la Sée, la Cance, la Sonce, l'Egrenne... Ces deux dernières rivières s'écoulent vers le bassin de la Loire. Les cours d'eau ont profondément entaillé les anciennes surfaces d’aplanissement, dégageant les roches les plus dures et traversant en cluses étroites et encaissées les plis primaires.

Aux limites de la Bretagne et des Pays de Loire, le relief est moins vigoureux, même si dans le socle granitique les cours d’eau s'enfoncent dans des vallées encaissées.

Au sud de la Baie du Mont Saint Michel se développe une petite plaine côtière.